La peau, un organe qui va de Soi

danseur

Une recherche sur la peau menée dans le cadre de la formation EKYP d’enseignant de Kundalini Yoga.

Sauver sa peau, changer de peau, avoir la peau dure, la vie dure
… La peau est l’organe du toucher
 (un des organes des sens/de la perception qui nous renseigne sur le monde extérieur et nous permet d’en faire en permanence l’expérience). 
La peau, avec l’aide des mains notamment, nous renseigne sur le monde extérieur
. Le toucher est probablement le sens le plus indispensable au développement de l’enfant et à la survie de l’être humain. Il nous permet le contact avec l’environnement et fonctionne comme un système d’alarme naturel. Sans le toucher, il serait impossible de faire la distinction entre un lieu dangereux et un lieu sûr.
Le sens du toucher est dû à la présence de nombreux récepteurs et corpuscules situés sous la peau. Chacun d’entre eux a une tâche particulière et répond à la chaleur, au froid, à la pression ou à la douleur.

Peau et système nerveux

La peau est reliée au système nerveux. Les massages agissent sur le système nerveux par l’intermédiaire de la peau
La peau est le premier organe qui se forme lors de la gestation (foetus), en même temps que le cerveau et à partir des mêmes cellules (cellules nerveuses). La forme de l’embryon est alors celle d’un sac /contenant unifié.
La peau a donc à voir avec l’origine, l’unité primordiale. 1 9 (un noeuf) Elle est contenant, frontière entre moi et le monde extérieur, limite. Sans ce contenant, pas de corps.

Ne serait-ce que parce que la peau respire, elle est la médiatrice des échanges entre l’intérieur et l’extérieur, un peu comme la mère est la médiatrice des échanges entre le foetus et le monde extérieur. La mère, en ce sens, est une peau pour l’enfant avant la naissance. Elle en remplit les fonctions protectrices, nourricières et médiatrices.

Les relations entre peau et psychisme
Pour valider les hypothèses psychopathologiques, une étude sur les relations entre le psoriasis et l’alexithymie (difficulté d’exprimer ses émotions) a été menée à Saint-Étienne. Cette étude, fruit de la collaboration entre les services de dermatologie et de psychiatrie, est financée par le CHU de Saint-Etienne.

La peau est une cible privilégiée du stress. Elle est la représentation extérieure de ce que nous sommes, physiquement et psychiquement. Il existe une origine embryologique commune entre la peau et le système nerveux : l’ectoderme. Le stress modifie le délicat équilibre des neuromédiateurs dans la peau. Ceci explique pourquoi les dermatoses évoluent avec le stress.

La « maladire » de la peau

Elle apporte la conscience de cet organe perçu comme « allant de soi » car la peau n’est pas conscience d’elle-même à la base, elle est ressenti de d’autre, de l’altérité.

En ce sens, la peau est « 2 », séparation.

La peau souffrante nous rappelle :

– qu’elle existe et mérite notre attention tout comme les autres organes
– qu’elle est une unité, une surface unique ( m2), une étendue, et que sa surface doit être traitée dans son intégralité
– sa fonction protectrice et sa vulnérabilité
– Elle nous rappelle la limite de ce que nous pouvons physiquement et psychiquement contenir et bien sûr, la nécessité de laisser au dehors ce que nous ne pouvons pas contenir

La peau respire
La peau est le seul organe qui se renouvelle intégralement, à peu près tous les 21 à 28 jours.  Toutes les trois à quatre semaines, nous avons une nouvelle peau. Ce que l’on appelle communément peau correspond à l’épiderme.
Avec le foie, le seul organe qui repousse (peut se régénérer)
Tout ce qui est bon pour le système nerveux est bon pour la peau

Le système immunitaire de la peau
La peau est l’organe qui est le plus important en surface. Avec les cellules de Langerhans des couches épidermiques inférieures, elle dispose de cellules immunitaires compétentes. Les cellules de Langerhans font partie intégrante du système de défense global du corps.
Cellules de Langherans :
 cellules du système immunitaire de la peau, présentes dans l’épiderme et dont le rôle est d’absorber les antigènes et d’en présenter les fragments aux lymphocytes T. Elles jouent un rôle important dans les allergies de contact, le rejet des transplantations de peau, et d’autres processus immunitaires de la peau.
Après un contact avec des antigènes (virus, allergènes de contact, transplantations de peau), les cellules de Langerhans quittent l’épiderme et atteignent un ganglion lymphatique via le système lymphatique. Pendant ce voyage, la cellule subit un processus de maturation qui l’amène à présenter l’antigène sur sa propre surface. Les cellules qui migrent sont remplacées par un nombre correspondant de nouvelles cellules de Langerhans issues de la moelle osseuse.
La défense naturelle du corps contre les micro-organismes commence directement à la surface de la peau. Les acides gras spéciaux des glandes sébacées et les secrétions de certaines bactéries, qui font partie de la flore physiologique de la peau, inhibent la croissance des champignons et des bactéries. Si un corps étranger parvient à passer cette première ligne de défense -à travers une lésion de la peau par exemple, le système immunitaire de la peau réagit.

Influences extérieures sur le système immunitaire de la peau


Les facteurs qui influencent l’activité des cellules de Langerhans dans l’épiderme incluent les substances cellulaires messagères (cytokines) comme l’interleukine 10, 
les rayons UV, 
la photo chimiothérapie, 
les médicaments immuno-suppresseurs (comme les corticoïdes)

Les Facteurs Naturels d’Hydratation (FNH) et les lipides de surface.
L’eau est la substance la plus importante pour la souplesse de la peau. Quand la peau est jeune, le contenu en eau de la surface supérieure cornée représente 10 à 20% du contenu total en eau de l’organisme. Sans Facteur Naturel d’Hydratation, l’eau s’évaporerait vite et la peau se dessècherait et se crevasserait. FNH – des substances qui ont une affinité pour l’eau
. Certaines substances du corps, les Facteurs Naturels d’Hydratation, sont capables de fixer l’eau dans la couche cornée. Les FNH proviennent du métabolisme des kératinocytes, de la sueur ou encore du sébum.

Les lipides de la surface de la peau et le manteau acide protecteur.


Les lipides de la surface de la peau consistent en des lipides provenant du sébum et de l’épiderme.

Les acides gras du sébum sont les principaux responsables de l’acidité du pH de la surface cutanée, et contribuent ainsi aux contrôles de la population bactérienne.
Voilà plus de 100 ans que l’on discute de la fonction du manteau acide protecteur. Au début, on se concentrait sur la défense microbiologique indirecte et sur la protection directe vis-à-vis des agents alcalins nocifs. Mais grâce à des études basées sur la biochimie et la biologie moléculaire, on est arrivé aujourd’hui bien au-delà de cette connaissance classique de l’importance du pH sur la peau.
Un environnement acide est essentiel pour la synthèse des lipides épidermiques. Ils comprennent surtout des céramides (40%), des acides gras libres (25%) et du cholestérol (25%).
Le pH physiologique de la peau saine a une valeur moyenne qui se situe entre 5,4 et 5,9.
Dans cet éventail de valeurs du pH, la peau est peuplée par une flore cutanée typique et le développement des micro-organismes pathogènes est bloqué. Au niveau des aisselles, des plis anaux et des appareils génitaux, le pH est approximativement de 6,5. Le pH indique la concentration en ions d’hydrogène dans une solution aqueuse.
Un mécanisme protecteur important : la capacité de neutralisation des produits alcalins
. Une augmentation de pH vers des pH alcalins – par un usage excessif de savon par exemple – perturbe l’équilibre physiologique de la peau. Si le pH reste plus élevé que la valeur physiologique pendant une longue période, la fonction de défense bactériologique de la peau est compromise, ce qui favorise les infections.

Pour contrecarrer l’influence des substances alcalines, le manteau acide protecteur utilise ce qu’on appelle des substances tampons. Elles neutralisent les substances alcalines et garantissent la restauration et la stabilisation du milieu acide. Cette aptitude est la capacité de neutralisation des alcalins.Les agents alcalins sont des substances qui réagissent dans des solutions aqueuses comme des bases (alcalin pH>7). Le pH d’un savon peut ainsi monter jusqu’à 11.
Le film hydrolipidique est fait de différentes substances :
la sueur et le sébum, 
les substances dérivées de la cornification, 
les cellules cornées qui se desquament mais adhèrent encore à la peau, 
l’eau des couches les plus profondes qui est montée à la surface

La présence de composants faiblement acides permet à la partie aqueuse du film hydrolipidique de former le manteau acide protecteur. Ce qui remplit trois fonctions importantes :
il soutient la formation et la maturation des lipides épidermiques et maintient par conséquent la fonction barrière
il protège indirectement contre l’invasion des microbes pathogènes
il protège directement contre les éléments alcalins (capacité à neutraliser l’alcalin)

La peau protège l’organisme contre des influences mécaniques, chimiques, microbiennes et physiques.
1 Protection contre le froid, la chaleur, les rayons


2 Protection contre la pression, les coups, les écorchures


3 Protection contre l’action des substances chimiques

4 Protection contre l’invasion de micro-organismes (formation du manteau acide protecteur)

5 Protection contre la chaleur et la perte en eau


6 Défense contre l’invasion de micro-organismes

7 Absorption de certaines substances


8 Transpiration (rafraîchissement)

9 Contrôle circulatoire et thermal effectué à travers le système vasculaire dermique

10 Organes sensibles à la pression, la vibration, au toucher, à la douleur, à la température

Propriétés de la peau
Mécanismes de régénération et mécanismes réparateurs.
La peau dispose de différents mécanismes de régénération et de réparation, qui sont utilisés pour supprimer les dommages dus à des influences extérieures et pour restaurer les fonctions perdues.Réactions de la couche cornée 
L’action d’irritants extérieurs mécaniques, physiques ou chimiques provoque l’épaississement de la peau. Exemples typiques : l’épaississement dû à une intense exposition aux UV ou encore la formation de callosités au niveau des zones subissant un stress mécanique.La régénération après une lésion due aux UV
Une exposition intense aux UV provoque d’abord des lésions dans le matériel génétique. Les radicaux libres créés pas les rayons UV causent aussi d’autres dégâts aux protéines et aux membranes cellulaires. On sait que la peau a de nombreux mécanismes qui réparent l’ADN endommagé.

L’équilibre énergétique des cellules.
Comme les autres tissus du corps, les cellules de la peau ont besoin d’énergie pour maintenir leurs fonctions vitales, leur capacité à se régénérer et à se réparer, et pour grandir. Cette énergie provient des processus métaboliques intracellulaires.
-Le réseau sanguin dermique apporte aux cellules basales des nutriments comme des graisses, des glucides, des protéines, de l’oxygène. Les acides gras libres, s’ils sont en quantité suffisante, ont le rôle principal dans la production d’énergie. Les cellules, comme celles du stratum granulosum, dans lesquelles se diffuse peu de glucose, semblent utiliser les acides gras provenant de la dissolution de la membrane cellulaire pour produire de l’énergie. Des boucles capillaires parcourent chaque papille dermique. A travers elles se font les échanges de nutriments jusqu’à la couche basale.

Quand la peau a besoin d’aide. 
Les problèmes de peau.

Avec une surface d’environs 2m² la peau est le plus grand organe humain. Bien qu’elle soit couverte de cellules cornées mortes, elle est bien plus qu’une couverture inerte. Les cellules épithéliales constituent en fait une barrière très efficace contre les influences de l’environnement et contre le dessèchement. Les cellules dermiques se comportent comme un réseau de câbles qui renforce la peau, qu’elles rendent ainsi plus élastique et plus solide. Au niveau de l’hypoderme, les cellules lipidiques (adipocytes) stockent l’excès de calories. Elles ont également une fonction isolante, grâce à des milliers de minuscules récepteurs qui rendent la peau extrêmement sensible, et lui permettent de reconnaître le moindre contact, ainsi que la pression, la température, et la douleur.
Nettoyer sa peau contribue de façon importante à la maintenir saine et en bonne santé. Mais l’utilisation de produits nettoyants inadéquats peut perturber les fonctions naturelles de la peau, ce qui entraîne les conséquences suivantes :
-modification du pH et destruction de la flore microbienne
-perte du film hydrolipidique
-pertes insensibles en eau et dérèglement de la fonction barrière
Ceci peut conduire à des problèmes dermatologiques comme des réactions d’irritation ou une sensibilisation de contact.

La physiologie de la peau
La peau possède différentes fonctions importantes. Elle empêche la pénétration de nombreuses substances nocives, réduit la perte en eau, et participe à la thermorégulation. La sueur et le sébum produisent à sa surface un film lubrifiant légèrement acide qui repousse les bactéries et rend la peau douce et souple. L’importance du pH acide ne s’arrête cependant pas à la formation de ce manteau acide protecteur. Cette légère acidité est également importante pour d’autres fonctions biologiques de la peau. La formation de la barrière dermique, l’élimination physiologique des cellules cornées (desquamation de la peau) et même la restauration de la couche cornée quand elle a été lésée, tout cela exige un pH acide.La couche la plus externe de la peau, l’épiderme, contient un réseau de terminaisons nerveuses libres, chargées de transformer les informations recueillies par les récepteurs sensoriels en influx nerveux électriques. Les fibres nerveuses qui véhiculent ces informations rejoignent la moelle épinière, qui les transmet au cerveau, qui se charge de les analyser et de les comprendre. Ce sens remarquable qu’est le toucher nous protège tous les jours des agressions de l’environnement.
la peau et les phanères
La peau est constituée de trois couches superposées, de la surface vers la profondeur du corps : l’épiderme, le derme et l’hypoderme.

L’épiderme
L’épiderme, couche la plus superficielle de la peau, est un épithélium pavimenteux stratifié kératinisé dans la constitution duquel entrent 4 populations cellulaires différentes : les kératinocytes, les mélanocytes, les cellules de Langerhans et les cellules de Merkel. L’épiderme ne contient aucun vaisseau sanguin ni lymphatique, mais renferme de nombreuses terminaisons nerveuses libres.
Les kératinocytes
Les molécules des filaments intermédiaires des kératinocytes sont des kératines. On connaît actuellement une vingtaine de kératines différentes chez l’homme. Certaines kératines sont dites dures et sont spécifiquement retrouvées dans les ongles et les cheveux. D’un point de vue biochimique, on distingue les kératines de type 1 (ou kératines acides) et les kératines de type 2 (ou kératines neutres/basiques). L’assemblage des kératines se fait par hétérodimères formés entre une kératine 1 et une kératine 2.
Les kératinocytes subissent en permanence une évolution morphologique témoignant de leur kératinisation sous-tendant le rôle de barrière protectrice (mécanique et chimique) de l’épiderme. Cette évolution se fait de la profondeur vers la superficie et permet de distinguer sur une coupe d’épiderme quatre couches superposées de la profondeur vers la superficie : la couche germinative (ou basale), la couche à épines (ou spineuse), la couche granuleuse et la couche cornée (compacte, puis desquamante).Dans l’épiderme, les mélanocytes sont situés principalement dans la couche basale. Ils ont un aspect étoilé et leurs prolongements cytoplasmiques s’insinuent entre les kératinocytes. Ils sont dépourvus de systèmes de jonction inter-cellulaire avec les cellules voisines. En microscopie optique, les mélanocytes ne sont identifiables qu’avec des colorations argentiques ou par des techniques immunocytochimiques (HMB 45, anticorps anti-protéine S100, par exemple).
La mélanine est le pigment produit par les mélanocytes au niveau d’organites cytoplasmiques, les mélanosomes, ovoïdes mesurant 0,2 à 0,6 µm.
L’exposition solaire entraîne une stimulation de la mélanogénèse et une augmentation du nombre des mélanocytes soit par différenciation de mélanoblastes quiescents, soit par division cellulaire de la cellule mature. Les mécanismes d’action des rayonnements ultra-violets (UV) ne sont pas exactement connus.
Les cellules de Langerhans
Les cellules de Langerhans font partie du groupe des cellules dendritiques.

Le derme est un tissu conjonctif habituellement lâche en périphérie et plus dense (fibreux) en profondeur. Il contient de nombreux vaisseaux sanguins et lymphatiques, des nerfs et des terminaisons nerveuses sensitives libres et corpusculaires, ainsi que diverses annexes cutanées dérivées de l’épiderme et plongeant dans le derme.
L’hypoderme
Continuant le derme vers la profondeur, l’hypoderme est un tissu conjonctif lâche richement vascularisé qui, selon les conditions de nutrition et les régions de la peau, contient plus ou moins de tissu adipeux.
L’énergie relâchée dans la chaîne d’électrons est stockée en énergie chimique sous la forme dAdenosine TriPhosphate (ATP).
Le vieillissement de la peau et un transporteur d’électrons spécial 
La recherche a récemment montré que la déficience d’un coenzyme spécifique de la chaîne respiratoire, le coenzyme Q10 (CoQ10) joue un rôle important dans le manque de capacité régénératrice cellulaire causé par le vieillissement ou par un stress oxydant. Il est donc recommandé aux patients souffrant de maladies cardiovasculaires de compenser cette déficience en prenant du CoQ10 par voie orale.
La chaîne respiratoire, troisième stade du métabolisme, joue un rôle important dans la production d’énergie cellulaire au niveau cutané.


Liens

http://www.chups.jussieu.fr/polys/histo/histoP2/peau.html

http://www.eucerin.fr/a-propos-de-la-peau/indications/psoriasis

http://fr.wikipedia.org/wiki/Moi-Peau (approche psychnalytique)

http://www.lexpress.fr/culture/livre/1983-l-homme-neuronal-par-jean-pierre-changeux_810658.html (Jean-Pierre Changeux « L’Homme neuronal »)

http://www.editions-ellipses.fr/product_info.php?products_id=1004 (Dr Laurent Misery « La peau neuronale ou les nerfs à fleur de peau » – paru en 2000 aux Éditions Ellipse)

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