Asfodela

De 2011 à 2021, déjà dix ans d’existence… Des fiertés, des regrets, des doutes, des deuils…

Dix ans et même douze, pour être précis, à habiter un confin-capitale.

Il est temps de réanimer la vieille dame fondée en 2011 à Aubervilliers… et faire fi des lenteurs de la Préfecture de Seine Saint-Denis.

Asfodela vivra! Asfodela fera peau neuve? On verra…

Mais non sans faire le bilan, à l’heure où la vie m’a offert tout ce que j’avais toujours désiré, sauf peut-être une maison. Oui, mon heure est venue… Tard, mais elle est venue. Je l’ai toujours su, d’ailleurs, que cela viendrait tard. Je mourrai heureuse.

Dix ans si bien remplis, quand j’y songe… si remplis, en tous cas. 

Asfodela, c’est une heuristique, rien hormis mes racines ne me l’a inspiré, racines caussenardes et huguenotes: résister, c’est ce que cette plante sauvage, l’asphodèle, réalise. Plantée sur les tombes des anciens grecs, elle leur souhaite l’immortalité.

En dix ans, j’ai changé deux fois de nom.

Celui qui m’appelait « Cine », mélangeant occasionnellement le n et le m, s’en est allé pour toujours fin 2014. Et depuis lors, s’est posée la délicate question de ce qu’il a laissé. Le mot « archives » est devenu mon meilleur ennemi.

Kushwant c’est le nom spirituel que mes enseignants m’ont servi sur un plateau et ce nom signifie (plus ou moins) bonheur. Celui qui porte ce nom sikh mixte incarne la volonté de bonheur, l’attachement à cette idée humaine, pour soi et pour les autres.

Diplômée en 2008 à l’Ecole de Paris de Kundalini Yoga, je suis Instructeur certifié par le Kundalini Research Institute (KRI). J’ai été co-secrétaire de la Fédération Française de Kundalini Yoga de 2012 à 2014 et en 2014, je me suis formée au Yoga pour enfants, sans en faire ma spécialié. 

J’ai pratiqué le Yoga Ashtanga Vinyasa et la Capoeira.

J’ai été active dans le groupe associatif Capoeira Kolors à Paris 19ème pendant plusieurs années et je reste proche de cette communauté en lutte. Ce groupe de capoeira intervient depuis peu en milieu carcéral, comme on dit, un milieu qui a marqué ma vie… mais c’est une autre histoire.

J’ai été rédactrice trilingue, chargée de projet et de rédaction web, webmaster éditorial,  auprès de la Fédération Française de Kundalini Yoga (FFKY) de l’Ecole de yoga de Paris (gestion de site, communication), et de la fondatrice de Child Play Yoga, Yoga pour enfants.

Les secrétaires de la FFKY au Festival Européen de Yoga en 2012

Je poursuis depuis 2016 une formation de Kundalini Yoga (Niveau 2) en Belgique pour devenir Professeur de Kundalini Yoga. Je suis une très mauvaise élève qui a eu la chance de rencontrer de bons professeurs, mais je suis très tenace.

Depuis la période de confinement, je n’enseigne plus, ce qui j’espère, sera provisoire. Mon ultime élève s’est arrêté net avant d’embarquer pour le voyage à travers les chakras.

Mes créations ont migré vers la scène, le spectacle. Aujourd’hui, je cesse mes activités de couturière, qui ont été justement comprises comme un sacerdoce. Plus de housses, plus de sacs, plus de rideaux…

Je réoriente cette activité de fabrication vers l’art brut et les pièces uniques que peuvent être costumes de scène ou de théâtre.

Désormais, cette activité sera liée à des rencontres, à des individus, des lieux. Ainsi, le Théâtre Aleph, depuis un an ou deux.

Ainsi, François Essindi, artiste qui m’a renvoyée bien avant les origines même d’Asfodela, quand Francine vénérait la musique et idolâtrait le rythme.

Quand seule à Paris avec un bébé, elle bossait  par intérim chez CBS, puis rencontrait Nawal, devenait son premier manager sur terre, faisait l’agent, mais toujours en faisant semblant et en travaillant en même temps chez ARTE TV et ailleurs…

Alors, Asfodela, qui n’était pas encore Asfodela, rêvait de devenir agent.

Mais ce chemin vers Essindi passe curieusement par mon père, cet autre artiste.

Mon père et l’Atelier Leseney qui de confidentiel, s’est montré au grand jour et m’a mise en lumière, moi qui ai mis en lumière.

Et tout s’est éclairé…

Tout a trouvé sa place, même l’amour a trouvé la porte, cet amour sal et méprisé qui pourtant est arrivé. Produire, c’est aimer.

L’écriture, surtout, a pris sa place. 

Il y a eu l’impossible Bleu Penjâb, qui est advenu, auto-édité, sorti en mars 2020…

Cette discipline quotidienne et joyeuse de l’écriture et aujourd’hui, ce roman qui n’a pas de titre et dont j’aimerais qu’il emmène mes lecteurs en Basse-Normandie, dans les soutes d’un navire en perdition, au Mexique de 1985, dans un étrange hôpital et  enfin dans un pays rebaptisé Kameroun qui ne croit pas en lui-même.

Vive la vie.

Francine