Fusillade au 104

Petit retour sur image

 

Les armes désarmantes :
…Happening non violent…

Des enfants tombent en plein Paris
Dans les journaux : La victime était « très connue des services de police (…) le parquet de Paris reste laconique sur les faits survenus dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 novembre. Un jeune homme de 19 ans est mort ».

KOLORS vient contrecarrer par un jeu éclair et symbolique une poussée de violence qui irradie dans les quartiers et éclate dans le 19ème à l’automne 2008, violence qui touche plus les uns que les autres . cette fois-ci tous sont concernés. tous ceux qui passent. certains s’arrêtent, se mettent à parler, eux aussi ont envie de dire stop à tout ce qui plombe la jeunesse des quartiers.la répression l’emporte sur la prévention et ça, ce n’est pas bon.

– la marche avec Kolors pour dire non à la violence a donc eu lieu de 16h à 21h le 15 novembre. ça a été aussi un grand moment de vie ; une marche méditative ou ce que j’ai voulu vivre comme tel et en même temps il y avait la conviction de refuser, de s’opposer et de résister, conviction intensément partagée; je crois qu’elle était portée par d’autres marches, en d’autres lieux et en d’autres temps, fondatrices de consciences…
Ainsi, nous marchons de Crimée à Crimée, en passant par le 104, ancien bâtiment des Pompes Funèbres réhabilité en temple de la culture, qui a des allures de funérarium. la marche méditative est irréelle et onirique; elle crée une trace indélébile dans l’espace et le temps. Elle a son rythme, qui est rapide. Elle est silencieuse. Mais de temps en temps : « Pow! », plusieurs d’entre nous à terre, sous la visée de caméras factices portées par des braqueurs blancs. Les noirs au sol ont une tâche rouge… qui compte visuellement. Voilà, un groupe d’adultes qui se déplace. Ce n’est pas inouï mais c’est inhabituel. Un groupe qui fait corps. Avec une tête de file et une longue colonne vertébrale, semblable à une queue de saurien. Une ligne en mouvement, un point. Un tracé, un dessein; poétique, politique. Poïetique; je ne suis pas un corps. le groupe est un soi.

Marcher
Mimer nos morts
c’est mieux qu’un
miniment aux morts
morts de tous bords, d’ailleurs.
occuper l’espace
et marquer la présence des vivants
qui soudain : pow!
meurent…
nous sommes un
monument à la vie
il n’y a pas de vitesse
de cadence maximale pour
la vie
Rien n’est assez vif pour
elle
une balle la contredit
la rencontre est malheureuse
ou fortuite : pow
Argh
c’est fini
t’es mort
t’as perdu la vie.
tu as l’air calme comme
un dormeur mais la vie
continue de marcher…
une marche méditative et silencieuse
qui trace un espace pour les vivants
rien de tel pour remettre
les idées en place
on dit que tout ce que l’on dit ou fait
laisse une trace dans l’espace.
imaginer la trace de notre marche d’hier
comme autant de marques
lumineuses, comme celles que laissent les escargots, c’est aussi dessiner et décider de
la trace qu’elle laisse en nous.

Asfodela 2008

© Francine Leseney, 2008


Happening kolors (Paris 19è)

mardi 25 novembre 2008
Ce sont des images d’Annick Redolfi.

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